Pour faire manger un serpent en captivité, la méthode de référence consiste à lui présenter une proie préalablement décongelée et réchauffée autour de 37 °C à l’aide d’une longue pince de nourrissage, directement dans un environnement calme et à bonne température. Si votre reptile boude son repas, inutile de paniquer : le refus alimentaire s’explique très souvent par une mue imminente, un stress d’installation ou un point chaud trop faible dans le terrarium.
- Sécurité avant tout : privilégiez toujours les rongeurs congelés (puis décongelés au bain-marie tiède) pour éviter les morsures défensives graves infligées par les proies vivantes.
- Calibre adapté : la largeur de la proie ne doit pas dépasser 1 à 1,5 fois le diamètre de la partie la plus large du corps de votre serpent.
- Vérification thermique : un serpent étant ectotherme, il refusera de s’alimenter ou régurgitera si les températures de son habitat sont trop basses pour lui permettre de digérer.
- Patience après le repas : laissez votre animal digérer en paix pendant 48 heures minimum sans aucune manipulation.
Les bases d’un repas réussi : préparer et présenter la proie
Le moment du repas suscite souvent un mélange de fascination et d’appréhension chez les nouveaux éleveurs. Pourtant, une fois la routine installée, nourrir un ophidien devient un geste technique simple et très codifié. Avant même d’ouvrir les vitres du terrarium, tout se joue dans la préparation du rongeur et le choix des outils.
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Proies décongelées : la méthode sûre pour le reptile et l’éleveur
En terrariophilie moderne, l’usage de proies congelées est la norme absolue pour le bien-être animal et la sécurité de votre pensionnaire. Donner un rongeur vivant comporte un risque réel : une souris ou un rat paniqué dans un espace clos peut mordre férocement votre reptile, provoquant des blessures profondes, des infections, voire la mort du serpent s’il n’est pas en appétit pour se défendre. De plus, le stockage au congélateur facilite grandement l’organisation au quotidien et s’intègre facilement dans l’évaluation du budget d’achat, d’équipement et d’entretien d’un serpent.
La décongélation demande un peu de rigueur pour préserver les qualités nutritionnelles de la proie et éviter la prolifération bactérienne :
- Sortez le rongeur du congélateur et placez-le dans un sac de congélation hermétique (type zip).
- Laissez-le décongeler doucement à température ambiante pendant une à deux heures, ou au réfrigérateur quelques heures plus tôt pour les grosses pièces.
- Immergez ensuite le sac fermé dans un récipient d’eau chaude (entre 40 °C et 45 °C, jamais bouillante) pendant 10 à 15 minutes afin de faire monter la proie en température.
- Palpez soigneusement le ventre du rongeur : il doit être totalement souple et chaud à cœur, sans aucune zone froide ou dure au centre.
Attention : N’utilisez jamais de four à micro-ondes ni d’eau bouillante pour décongeler une souris ou un rat. Cela cuit partiellement les organes internes, fragilise la paroi abdominale (qui risque d’éclater lors de la constriction) et peut provoquer de graves brûlures internes à votre serpent.
Température et présentation à la pince : imiter le vivant sans danger
Une fois le rongeur décongelé et essuyé avec du papier absorbant, sa température de surface doit avoisiner les 37 °C à 39 °C, soit la chaleur corporelle naturelle d’un mammifère vivant. Cette signature thermique est indispensable, en particulier pour les espèces équipées de fossettes thermosensibles comme le Python royal (Python regius) ou les boas, qui « voient » littéralement la chaleur dans l’obscurité.
Pour présenter le repas sans que vos doigts ne soient confondus avec l’odeur et la chaleur du rongeur, l’utilisation d’une pince de nourrissage est impérative. Pour un juvénile ou un serpent de gabarit moyen, une pince de 27 cm équipée d’embouts en caoutchouc constitue le choix le plus sécurisant : elle offre un excellent contrôle tout en protégeant les gencives fragiles de l’animal s’il frappe un peu trop haut lors de l’attaque.

Un lot de deux pinces (une droite et une courbée) de 27 cm parfaitement adapté pour nourrir les serpents juvéniles et de taille moyenne en toute sécurité grâce aux embouts caoutchoutés qui protègent la bouche du reptile.
- Embouts en caoutchouc qui évitent de blesser les gencives ou les dents du serpent lors de la frappe
- Lot complet comprenant une pince droite et une pince incurvée pour s'adapter à l'agencement du terrarium
- Acier inoxydable robuste avec poignées striées antidérapantes pour un bon maintien de la proie
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Si vous élevez un spécimen adulte de grande taille ou doté d’une détente rapide et impressionnante, augmenter la distance entre votre main et la gueule du reptile apporte une vraie sérénité. Un modèle extra-long de 48 cm en acier inoxydable permet de maintenir le rongeur à bonne distance tout en gardant vos mains hors du terrarium.

Idéales pour les éleveurs de serpents adultes ou à forte détente alimentaire qui souhaitent conserver une grande distance de sécurité entre leurs mains et la proie lors du nourrissage.
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- Acier inoxydable forgé antirouille à la fois robuste et légèrement flexible
- Livrées par deux (modèle droit et modèle incurvé) avec prise en main antidérapante
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Saisissez la proie avec la pince par la peau du dos ou l’arrière de la nuque (de manière à la présenter tête la première face au serpent, ou de profil). Approchez-la à quelques centimètres du museau de votre reptile, sans jamais le toucher brusquement pour ne pas l’effrayer. Animez le rongeur de légers tremblements horizontaux, près du sol, comme s’il marchait. Dès que le serpent frappe et s’enroule autour de sa proie (constriction), lâchez prise doucement et retirez la pince. Vous pouvez parfois donner un ou deux petits coups très légers sur la queue du rongeur pendant que le serpent serre : cela simule les derniers soubresauts de la proie et encourage les serpents un peu paresseux à aller jusqu’au bout de leur réflexe avant d’entamer la déglutition, toujours tête la première.
Comment donner à manger à un bébé serpent ?
Se demander comment donner à manger à un bébé serpent est tout à fait légitime : leur petite taille les rend plus vulnérables à la déshydratation et à l’épuisement énergétique. Contrairement aux adultes capables de jeûner des mois sans broncher, les nouveau-nés disposent de faibles réserves et doivent démarrer leur croissance sur de bonnes bases.
Choisir le bon calibre : la règle de la largeur du corps
L’erreur la plus courante chez les débutants consiste à sous-estimer ou surestimer la capacité d’ouverture des mâchoires de leur jeune protégé. Grâce à l’élasticité de leurs ligaments mandibulaires, décrite en détail dans notre dossier sur l’anatomie, le mode de vie et la captivité du serpent en terrarium, ces reptiles avalent leurs proies entières sans les mâcher. Toutefois, une proie trop grosse peut entraîner un refus immédiat ou, pire, une régurgitation quelques heures après l’ingestion car les sucs gastriques n’arrivent pas à digérer la masse assez vite avant qu’elle ne commence à se décomposer dans l’estomac.
Appliquez une règle visuelle simple et universelle : choisissez un rongeur dont le diamètre correspond à 1 à 1,5 fois le diamètre de la partie la plus large du corps de votre serpent (généralement au milieu de l’abdomen). Après le repas, un léger renflement doit être visible sur le ventre de l’animal, sans pour autant le déformer à l’excès.
Focus sur le bébé serpent des blés (Pantherophis guttatus)
La couleuvre à gouttes, plus connue sous le nom de serpent des blés, est l’espèce idéale pour débuter. Pour savoir comment nourrir un bébé serpent des blés dès ses premières semaines de vie, il faut commencer avec le plus petit calibre de rongeur disponible : le rosé de souris (aussi appelé pinky) d’environ 1 à 2 grammes. Ces souriceaux nouveau-nés sont dépourvus de poils et ont les yeux fermés, ce qui les rend extrêmement faciles à avaler et à digérer pour une couleuvre qui ne pèse encore qu’une dizaine de grammes à l’éclosion.
Au fil des mois et de la croissance de votre Pantherophis guttatus, vous ferez évoluer la taille des proies progressivement : du petit rosé au gros rosé, puis au « blanchi » (fuzzy, avec un premier duvet), à la « sauteuse » (hopper) et enfin à la souris adulte lorsque le serpent atteindra sa taille subadulte puis adulte. Voici un repère indicatif des calibres et fréquences selon le stade de vie :
| Stade et espèce type | Calibre de proie conseillé | Fréquence indicative des repas |
|---|---|---|
| Bébé serpent des blés (juvénile) | 1 rosé de souris (1 à 3 g) | Tous les 5 à 7 jours |
| Serpent des blés subadulte | 1 blanchi ou 1 sauteuse de souris | Tous les 7 à 10 jours |
| Serpent des blés adulte | 1 souris adulte (20 à 30 g) | Tous les 10 à 14 jours |
| Bébé Python royal (juvénile) | 1 blanchon de rat ou souris sauteuse/adulte | Tous les 7 jours |
| Python royal adulte | 1 rat moyen adapté au gabarit | Tous les 14 à 21 jours |
Fréquence des repas chez les juvéniles
Le métabolisme d’un jeune serpent en pleine croissance tourne à plein régime. Un juvénile mange généralement tous les 5 à 7 jours. Inutile de le nourrir tous les deux ou trois jours pour tenter de le faire grandir plus vite (pratique appelée powerfeeding) : son système digestif a besoin d’une phase de repos complète entre chaque prise alimentaire pour reconstruire sa paroi gastrique et réguler ses organes internes. Surcharger le rythme des repas raccourcit drastiquement l’espérance de vie du reptile et favorise l’obésité hépatique.
Pourquoi votre serpent refuse de manger : les causes fréquentes
Face à un rongeur ignoré, la question « comment faire manger mon serpent ? » tourne vite à l’obsession. Avant de multiplier les tentatives quotidiennes — ce qui ne ferait qu’aggraver le blocage —, prenez le temps de mener une petite enquête. Un serpent ne jeûne jamais par caprice : son refus traduit toujours un paramètre environnemental ou physiologique précis.
Paramètres du terrarium : le piège d’une température trop basse
C’est la cause numéro un des grèves de la faim en captivité. Les serpents sont des animaux ectothermes : leur température corporelle et l’efficacité de leurs enzymes digestives dépendent entièrement de la chaleur ambiante de leur terrarium. Si le point chaud est trop faible de seulement 2 ou 3 degrés par rapport aux besoins de l’espèce, le serpent sait instinctivement qu’il ne pourra pas digérer sa proie. Par survie, il refuse donc de s’alimenter.
Avant de proposer un nouveau repas, contrôlez systématiquement votre gradient thermique (point chaud et point froid) à l’aide d’un thermomètre numérique équipé d’une sonde déportée placée au ras du substrat, exactement là où vit votre animal.

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Un thermomètre digital indispensable à laisser en permanence dans le terrarium pour vérifier que le point chaud est suffisant avant de proposer un repas et pendant les 48 heures de digestion.
- Sonde déportée avec ventouse permettant de mesurer la température exacte au niveau du sol ou de la cachette
- Lecture numérique claire et précise pour prévenir les refus alimentaires liés au froid
- Conçu spécifiquement pour la terrariophilie et compatible avec les galeries Exo Terra
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Vérifiez également l’hygrométrie ainsi que l’aménagement de l’habitat : un terrarium trop grand, trop exposé au passage du salon ou manquant de cachettes étroites (dans lesquelles le serpent peut sentir les parois toucher son dos) génère un sentiment d’insécurité permanent incompatible avec la prise alimentaire.
Mue, stress d’installation ou période de reproduction
Si vos températures sont parfaites, trois situations naturelles expliquent la grande majorité des refus :
- L’approche de la mue : lorsque le serpent renouvelle son épiderme, ses couleurs ternissent et ses écailles oculaires prennent une teinte bleutée ou laiteuse. Sa vision étant fortement réduite et sa peau sensible, il se sent vulnérable et refuse presque toujours de chasser jusqu’à ce qu’il ait entièrement retiré son exuvie.
- Le stress d’acclimatation : vous venez d’adopter votre reptile ? Il lui faut du temps pour prendre ses repères dans son nouveau territoire. Il est indispensable de respecter une période de tranquillité totale de 7 à 10 jours après l’arrivée, sans manipulation ni essai de nourrissage.
- Le cycle saisonnier et hormonal : chez les spécimens adultes (notamment les mâles Python regius ou Pantherophis au printemps ou en hiver), la baisse de la luminosité extérieure et l’instinct de reproduction coupent totalement l’appétit pendant plusieurs semaines, voire quelques mois, sans que l’animal ne soit malade. Vous retrouverez d’ailleurs d’autres explications sur ces cycles naturels dans notre article dédié aux 18 questions fréquentes sur le comportement des serpents.
Comment nourrir un serpent qui refuse de manger : 5 astuces douces
Vous avez vérifié les températures, attendu la fin de la mue et laissé au moins 5 à 7 jours de répit depuis le dernier échec ? Voici comment nourrir un serpent qui refuse de manger grâce à cinq méthodes progressives et respectueuses de l’animal, uniquement sur proies décongelées.
Surélever la température de la proie et stimuler l’odorat
Un rongeur qui a tiédi à l’air libre pendant que vous cherchiez votre serpent dans le décor perd tout son attrait. Pour déclencher l’attaque d’un individu hésitant, la précision thermique fait souvent des miracles. Utilisez un thermomètre infrarouge sans contact pour mesurer instantanément la température de la tête du rongeur juste avant de le tendre à la pince.

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L'outil de précision par excellence pour contrôler en un clic que la souris décongelée atteint bien les 37-39 °C avant de la présenter à un serpent difficile, ainsi que pour vérifier la température de surface des cachettes.
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Pour les serpents difficiles (comme le Python royal), n’hésitez pas à tremper uniquement le museau du rongeur décongelé pendant quelques secondes dans de l’eau très chaude afin de porter la tête à 39 °C ou 40 °C juste avant la présentation. Cette cible thermique très nette guide immédiatement la frappe. Vous pouvez aussi sécher la proie et la frotter contre de la litière souillée issue d’un élevage de souris vivantes (ou dans le jus d’une boîte de thon au naturel pour certaines couleuvres) afin de décupler le signal olfactif.
Le repas en boîte sombre et au calme
Certains serpents timides, en particulier les juvéniles, refusent de frapper à la pince car le mouvement de l’outil ou la présence de l’éleveur devant la vitre les intimide. Deux options très efficaces s’offrent alors à vous :
- Le dépôt nocturne devant la cachette : la majorité des serpents maintenus en captivité sont crépusculaires ou nocturnes. Proposez la proie bien chaude le soir, éteignez toutes les lumières de la pièce et, s’il ne la prend pas à la pince, déposez-la directement à l’entrée de sa cachette (sur un petit support plat pour éviter qu’il n’avale des copeaux de substrat). Couvrez la façade du terrarium avec un drap sombre et laissez-le tranquille toute la nuit. Au matin, le rongeur a très souvent disparu.
- La technique de la boîte opaque : pour un bébé serpent récalcitrant, placez-le délicatement dans une petite boîte en plastique ventilée, opaque et peu haute, garnie d’une feuille d’essuie-tout. Ajoutez la proie bien chaude à l’intérieur, fermez le couvercle et posez cette boîte dans la zone tempérée du terrarium, dans le noir complet, pendant deux à trois heures. Dans cet espace confiné où il finit forcément par croiser le museau du rongeur en se déplaçant, le réflexe alimentaire se déclenche très facilement.
La technique du « braining » sur proie décongelée
Si les astuces thermiques et l’obscurité ne suffisent pas, le braining est l’arme secrète des éleveurs expérimentés pour débloquer un juvénile qui boude. Bien que peu ragoûtante pour l’humain, cette méthode est totalement indolore puisque pratiquée sur un rongeur mort décongelé.
Elle consiste à percer très légèrement le sommet du crâne du rosé ou de la souris décongelée à l’aide d’une aiguille propre ou de la pointe fine de votre pince, puis à presser doucement pour faire perler une minuscule goutte de matière cérébrale sur le museau du rongeur. Cette substance dégage des phéromones et des acides aminés extrêmement puissants qui déclenchent un réflexe de prédation inné chez la quasi-totalité des serpents insectivores ou rongeurs-prédateurs.
Bon à savoir : Si une proie déposée dans le terrarium n’a pas été mangée au bout d’une nuit (maximum 8 à 10 heures), retirez-la et jetez-la systématiquement. Ne recongelez jamais un rongeur qui a déjà été décongelé : le développement bactérien rapide le rendrait toxique pour votre animal.
Ce qu’il ne faut jamais faire après un repas ou un refus
Gérer l’alimentation d’un reptile demande autant de maîtrise dans l’action que dans la retenue. Certaines réactions humaines, bien que motivées par l’inquiétude ou l’envie de bien faire, mettent directement la santé de l’animal en péril.
Respecter les 48 heures de digestion sans manipulation
Une fois la proie engloutie, votre serpent va rejoindre sa cachette au point chaud pour entamer un travail métabolique intense. Son cœur, son foie et son estomac augmentent temporairement de volume pour dissoudre les chairs, les poils et les os du rongeur.
Pendant les 48 à 72 heures qui suivent le repas, ne touchez sous aucun prétexte à votre serpent. Manipuler un ophidien en pleine digestion déclenche chez lui un réflexe de fuite immédiat : alourdi et ralenti par sa proie dans l’estomac, il va régurgiter son repas pour retrouver sa mobilité et échapper à ce qu’il perçoit comme un prédateur. Or, une régurgitation brûle l’œsophage avec les sucs gastriques acides et détruit la flore digestive. Si cela arrive, il est impératif d’attendre au moins 10 à 14 jours sans aucun repas pour laisser les muqueuses cicatriser, avant de reproposer une proie deux fois plus petite que d’habitude.
De la même manière, en cas de refus alimentaire, ne représentez pas une souris le lendemain ni le surlendemain. Harceler un serpent stressé avec une proie tous les jours le braque définitivement. Patientez toujours 5 à 7 jours complets sans le manipuler avant de tenter une nouvelle approche.
Pourquoi le gavage à domicile est à proscrire absolument
En parcourant des vidéos en ligne, certains propriétaires inquiets découvrent la pratique du gavage (ou nourrissage forcé) et tentent de la reproduire chez eux en ouvrant la gueule du serpent pour y enfoncer un rosé. C’est un geste extrêmement dangereux qu’il ne faut jamais pratiquer soi-même à la maison.
La mâchoire d’un juvénile est d’une grande fragilité : forcer son ouverture provoque des fractures mandibulaires, des lésions des gencives propices à la stomatite (infection buccale grave) et des déchirures de l’œsophage. De plus, le stress intense causé par cette contention aboutit presque toujours à une régurgitation immédiate ou à la mort de l’animal par suffocation. Le gavage par sonde ou assisté est un acte médical de dernier recours qui relève exclusivement des compétences d’un vétérinaire spécialisé.
Jeûne prolongé : quand faut-il consulter un vétérinaire NAC ?
Savoir dédramatiser un refus alimentaire ne signifie pas baisser la garde. Un serpent adulte en bonne santé peut cesser de s’alimenter plusieurs semaines sans mettre ses jours en danger, mais il existe une frontière claire entre un jeûne physiologique normal et une anorexie pathologique.
Surveiller la perte de poids avec une balance de précision
Le meilleur allié du terrariophile face à un serpent gréviste de la faim n’est pas le calendrier, mais une simple balance de cuisine électronique précise au gramme près. Tant qu’un serpent adulte ou subadulte conserve son tonus musculaire, un corps bien rond et un poids stable, le jeûne n’a rien d’alarmant.
Pesez votre animal une fois toutes les deux ou trois semaines lors d’une période de refus. La règle d’alerte vétérinaire est la suivante : si votre serpent perd plus de 10 % de son poids initial (voire plus tôt chez un nouveau-né qui n’a encore jamais mangé depuis son éclosion), ou si sa colonne vertébrale commence à devenir saillante en lui donnant une silhouette triangulaire, l’heure n’est plus aux astuces maison.
Les signes d’alerte qui imposent un bilan de santé
Outre l’amaigrissement mesuré sur la balance, plusieurs symptômes associés au refus de manger doivent vous conduire rapidement chez un vétérinaire spécialisé en Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) :
- Une léthargie inhabituelle, une perte de tonus musculaire lorsque vous le soulevez ou une incapacité à se redresser.
- La présence de bave, de bulles au niveau des narines, une respiration bouche ouverte ou des sifflements respiratoires (signes d’une infection respiratoire qui bloque l’odorat et l’appétit).
- Des rougeurs, des gonflements ou des dépôts blanchâtres/jaunâtres à l’intérieur de la bouche.
- Deux régurgitations consécutives ou des selles liquides, malodorantes et verdâtres, souvent révélatrices d’une parasitose interne nécessitant une analyse coprologique.
En définitive, accompagner les repas de votre serpent repose avant tout sur l’observation, la maîtrise de la chaleur et le respect de son rythme biologique. En combinant un matériel de contrôle thermique fiable, des proies décongelées préparées avec soin et un environnement paisible, la grande majorité des blocages alimentaires se résolvent d’eux-mêmes sans jamais brusquer l’animal.
Questions fréquentes
Combien de temps un serpent peut-il rester sans manger ?
Tout dépend de son âge, de son espèce et de ses réserves corporelles. Un serpent adulte en parfaite santé (comme un Python royal) peut jeûner de 2 à 6 mois lors de la pause hivernale ou de la saison de reproduction sans que sa vie ne soit en danger, tant qu'il a de l'eau fraîche à disposition et qu'il ne perd pas plus de 10 % de son poids. En revanche, un bébé serpent dispose de très faibles réserves : au-delà de 3 à 4 semaines de refus consécutifs chez un juvénile, il convient de vérifier ses paramètres de maintenance et de demander l'avis d'un vétérinaire NAC.
Peut-on nourrir un serpent pendant sa période de mue ?
Il est fortement déconseillé de proposer un repas à un serpent en cours de mue, dès lors que ses couleurs s'assombrissent ou que ses yeux deviennent bleus/opaques. Durant cette phase, sa vue est très diminuée, sa peau est fragile et la digestion détournerait l'énergie ainsi que l'hydratation nécessaires au décollement de l'ancienne peau. Patientez simplement qu'il ait entièrement terminé sa mue : il sera alors très affamé et acceptera sa proie sans aucune hésitation le lendemain.
Vaut-il mieux nourrir son serpent dans son terrarium ou dans une boîte séparée ?
Il est préférable de nourrir votre serpent directement dans son terrarium habituel, sauf utilisation ponctuelle de la boîte sombre pour débloquer un juvénile stressé. Le déplacer systématiquement dans un bac extérieur avant et après le repas génère un stress inutile et vous oblige à le manipuler alors qu'il vient d'avaler sa proie, ce qui augmente fortement le risque de régurgitation. Pour éviter qu'il n'ingère des copeaux de substrat dans son terrarium, séchez bien la souris décongelée ou présentez-la au-dessus d'une petite ardoise plate.
Que faire d'une souris décongelée si mon serpent refuse de la manger ?
Si votre serpent n'a pas touché à sa proie après quelques heures ou une nuit passée dans le terrarium, vous devez impérativement la retirer et la jeter à la poubelle (dans un sac fermé). Il ne faut jamais recongeler un rongeur qui a déjà été décongelé et réchauffé : les bactéries s'y développent très vite et donner une proie recongelée exposerait votre reptile à une grave intoxication alimentaire ou à une régurgitation.
Mon serpent attaque la proie à la pince mais la lâche sans l'avaler, pourquoi ?
Lorsqu'un serpent frappe le rongeur très vite sans s'enrouler autour et recule aussitôt, il s'agit souvent d'une morsure défensive liée à la peur plutôt que d'une attaque alimentaire. Cela arrive si vous avez approché la pince trop brusquement de sa tête ou s'il se sent menacé. S'il fait pourtant la constriction mais abandonne la proie ensuite, c'est généralement que le rongeur a refroidi trop vite, qu'il est légèrement trop gros pour lui, ou que votre présence devant la vitre le dérange : laissez-lui alors la proie sur place dans le noir et le silence complet.
Les conseils de cet article sont donnés à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un professionnel.
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