La mante religieuse (Mantis religiosa) est un insecte prédateur totalement inoffensif pour l’humain, célèbre pour ses pattes avant repliées comme en prière. Alliée précieuse des jardins où elle régule les populations d’insectes, elle fascine autant les amoureux de la nature que les terrariophiles qui élèvent ses cousines exotiques en captivité.
- Zéro danger : elle ne possède ni venin ni dard et ne s’attaque jamais à l’humain ou aux animaux domestiques.
- Chasseuse à l’affût : carnivore stricte, elle ne consomme que des proies vivantes capturées en une fraction de seconde.
- Cannibalisme nuancé : la femelle ne dévore le mâle que dans une minorité de cas dans la nature, principalement lorsqu’elle manque de nourriture.
- Élevage encadré : si Mantis religiosa est protégée en Île-de-France, de nombreuses espèces exotiques nées en captivité conviennent parfaitement aux débutants en terrariophilie.
Portrait de la mante religieuse : anatomie d’une chasseuse hors pair
Observer une mante de près donne souvent l’impression de faire face à une créature venue d’un autre monde. Pourtant, chaque détail de sa morphologie répond à une logique implacable : voir sans être vue et frapper sans laisser la moindre chance à sa cible. Appartenant à l’ordre des Mantoptères, cette cousine éloignée des blattes et des termites mesure généralement entre 5 et 8 centimètres à l’âge adulte pour l’espèce européenne commune.
Les pattes ravisseuses et la tête pivotante
Ce qui frappe immédiatement chez la mante religieuse, ce sont ses pattes antérieures modifiées, appelées pattes ravisseuses. Lorsqu’elle attend une proie, elle les maintient repliées devant son thorax, une posture qui lui a valu son nom en référence à une attitude de prière. En réalité, ces membres sont de véritables pièges articulés : le fémur et le tibia sont bordés d’épines acérées qui se referment l’un sur l’autre à la manière d’un couteau suisse.
La détente de ces pattes s’effectue en quelques dizaines de millisecondes, un mouvement trop rapide pour être décomposé à l’œil nu. Une fois l’insecte saisi, les épines le maintiennent fermement verrouillé pendant que la mante commence son repas à l’aide de ses puissantes mandibules broyeuses. Ses quatre autres pattes, fines et longues, servent uniquement à la marche et à l’ancrage sur les tiges végétales.
Autre particularité unique dans le monde des insectes : sa tête triangulaire est capable de pivoter à près de 180 degrés grâce à un thorax allongé (le prothorax) très souple. Elle peut ainsi suivre du regard un papillon qui passe derrière elle sans bouger le reste de son corps. Ses deux grands yeux composés lui offrent une vision binoculaire précise pour évaluer les distances, complétés par trois petits yeux simples (les ocelles) situés entre les antennes, qui captent les variations d’intensité lumineuse.
Pourquoi est-elle verte, brune ou beige ?
Contrairement au caméléon, la mante religieuse ne peut pas changer de couleur instantanément selon son humeur ou le support sur lequel elle se pose. Sa teinte — qui varie du vert tendre au brun foncé en passant par le jaune paille — se détermine au moment de la mue, en fonction des paramètres de son environnement immédiat comme l’humidité, la luminosité et la couleur dominante de la végétation.
Une mante qui grandit au printemps dans une prairie bien verte adoptera majoritairement une robe verte, tandis qu’un individu évoluant dans les herbes sèches de la fin de l’été deviendra beige ou brun. Ce mimétisme, appelé homochromie, remplit une double fonction : la dissimuler aux yeux de ses proies et la protéger de ses propres prédateurs. Quelle que soit sa couleur, vous reconnaîtrez toujours l’espèce Mantis religiosa à la tache noire (parfois centrée de blanc) située sur la face interne de la base de ses pattes ravisseuses.
Comment différencier le mâle et la femelle ?
Le dimorphisme sexuel est très marqué chez les mantes adultes. Voici les critères simples pour les distinguer d’un coup d’œil :
- Le gabarit : la femelle est nettement plus grande et trapue (6 à 8 cm), avec un abdomen large, surtout lorsqu’elle porte des œufs. Le mâle est plus court (4 à 6 cm) et beaucoup plus fin.
- Les antennes : celles du mâle sont nettement plus longues et épaisses, car elles portent de nombreux capteurs destinés à détecter les phéromones sexuelles émises par la femelle à plusieurs dizaines de mètres.
- L’aptitude au vol : tous deux possèdent des ailes à l’âge adulte, mais seul le mâle vole agilement pour partir à la recherche d’une partenaire. La femelle, alourdie par son abdomen, ne fait que de courts vols planés ou utilise ses ailes pour intimider un agresseur.
- Les segments abdominaux : pour les observateurs avertis ou les éleveurs, le dessous de l’abdomen compte 6 segments visibles chez la femelle contre 8 chez le mâle.
La mante religieuse est-elle dangereuse pour l’humain ou les animaux ?
Rassurez-vous tout de suite : la mante religieuse ne représente aucun danger, ni pour les adultes, ni pour les enfants, ni pour les chiens ou les chats. Les croyances anciennes qui lui prêtaient un regard maléfique ou un poison mortel relèvent purement du folklore. Cet insecte ne possède ni dard, ni crochets à venin, ni substance toxique.
Face à un humain, sa première stratégie consiste à rester totalement immobile pour se fondre dans le décor. Si vous la dérangez de trop près, elle peut adopter une posture dite « spectrale » : elle se dresse, écarte ses ailes en éventail et ouvre ses pattes avant pour faire paraître sa taille deux fois plus imposante, tout en frottant son abdomen contre ses ailes pour produire un léger sifflement.
Que se passe-t-il si vous tentez de la saisir à pleine main en la coinçant ? Au pire, elle utilisera ses pattes ravisseuses pour se défendre, ce qui provoque un simple pincement superficiel grâce à ses petites épines, ou donnera un léger coup de mandibules. Cela peut surprendre, mais ne traverse généralement même pas la peau d’un doigt adulte. Quant aux animaux du foyer ou du jardin, les rôles s’inversent rapidement : si vous décidez d’élever des poules au jardin, ce sont vos volailles qui ne feront qu’une bouchée de la mante si elle a le malheur de croiser leur parcours.
Où vit-elle et que mange-t-elle dans la nature ?
Originellement inféodée au bassin méditerranéen, à l’Afrique et à l’Asie, Mantis religiosa a progressivement colonisé toute la France métropolitaine, jusqu’au nord du pays et en Belgique, favorisée par le réchauffement des étés.
Un biotope chaud et ensoleillé
La mante religieuse est une espèce thermophile, c’est-à-dire qu’elle recherche la chaleur. On la rencontre principalement de mai à octobre dans les milieux ouverts et bien exposés au soleil : prairies de hautes herbes, friches fleuries, talus rocailleux, garrigues, bords de chemins ou jardins naturels non traités aux pesticides. Elle se perche généralement entre 20 centimètres et un mètre du sol, sur les tiges de ronces, de fenouil sauvage ou de graminées où les insectes butineurs abondent.
Un régime strictement insectivore et vivant
Dans son milieu naturel, la mante agit comme un formidable régulateur écologique. Son menu se compose exclusivement d’arthropodes vivants que le mouvement trahit : criquets, sauterelles, mouches, abeilles, guêpes, papillons, punaises ou encore araignées. Elle ne touche jamais aux végétaux ni aux insectes déjà morts.
Contrairement à l’araignée qui tisse une toile, la mante pratique la chasse à l’affût. Elle peut patienter des heures sans bouger une antenne, parfois en se balançant doucement d’avant en arrière pour imiter une feuille agitée par la brise, ce qui lui permet d’approcher discrètement une proie posée à quelques centimètres.
Cycle de vie et reproduction : la vérité sur le cannibalisme
La réputation sulfureuse de la mante religieuse tient presque entièrement à ses mœurs amoureuses, qui ont largement inspiré la littérature. Pourtant, l’observation scientifique sur le terrain raconte une histoire bien plus pragmatique.
La femelle dévore-t-elle vraiment toujours le mâle ?
Non, le cannibalisme sexuel n’est absolument pas systématique. Dans la nature, la majorité des accouplements se terminent sans dommage pour le mâle, qui repart voler vers d’autres horizons. L’idée que la femelle décapite son partenaire à chaque rencontre provient d’anciennes observations réalisées dans de petits terrariums de laboratoire : stressées par la présence humaine et souvent sous-alimentées, les femelles captives considéraient effectivement le mâle comme un repas facile.
En conditions naturelles, cet acte survient dans moins d’un tiers des cas, essentiellement à la fin de l’été lorsque les proies se raréfient et que la femelle a un besoin vital de protéines pour fabriquer ses œufs. Pour elle, un mâle à portée de pattes représente alors un apport énergétique immédiat qui augmente directement le nombre d’œufs qu’elle pourra pondre.
Détail anatomique fascinant : même si la femelle commence à dévorer la tête du mâle avant ou pendant l’accouplement, celui-ci poursuit la fécondation. Chez les insectes, le centre nerveux qui commande les mouvements reproducteurs se situe dans le dernier ganglion de l’abdomen, et la perte de la tête lève en réalité les inhibitions cérébrales, rendant les mouvements copulatoires encore plus vigoureux.
De l’oothèque aux mues successives
Quelques semaines après la fécondation, entre septembre et octobre, la femelle cherche un support rigide (une branche basse, une tige sèche, une pierre ou même le crépi d’un mur) pour déposer sa ponte. Elle sécrète une mousse blanchâtre qu’elle bat avec l’extrémité de son abdomen, à la manière d’un blanc en neige, tout en y insérant entre 100 et 200 œufs.
Au contact de l’air, cette écume durcit rapidement pour former une capsule protectrice de 3 à 4 centimètres aux allures de carton ondulé : l’oothèque. Véritable merveille d’isolation thermique et hydrique, l’oothèque protège les œufs de la pluie, des oiseaux et du gel hivernal, parfois jusqu’à -20 °C.
Au retour des beaux jours, en mai ou juin, des dizaines de minuscules larves (appelées nymphes) émergent de l’oothèque. Elles ressemblent déjà à des mantes miniatures, mais ne mesurent que quelques millimètres et sont dépourvues d’ailes. Pour grandir, leur squelette externe étant rigide, elles doivent en changer régulièrement : c’est la mue. Selon le sexe et l’espèce, la jeune mante effectuera entre 6 et 9 mues au cours de l’été avant d’atteindre le stade adulte (ou imago), moment où ses ailes définitives se déploient.
Quelle est la durée de vie d’une mante ?
Sous nos latitudes tempérées, la mante religieuse a un cycle annuel. Née à la fin du printemps, elle ne vit qu’une seule saison, soit environ 5 à 7 mois. Les mâles meurent généralement quelques semaines après la période de reproduction, dès le début de l’automne. Les femelles survivent un peu plus longtemps, le temps de déposer une à trois oothèques, avant de s’éteindre aux premières gelées de novembre. En captivité, maintenues au chaud chez l’éleveur, certaines espèces exotiques peuvent vivre jusqu’à 12 ou 14 mois pour les femelles.
Peut-on élever une mante religieuse à la maison ?
L’élevage de mantes connaît un engouement croissant : elles demandent très peu d’espace, ne dégagent aucune odeur, ne font aucun bruit et offrent un spectacle quotidien captivant. Il s’agit d’ailleurs d’une approche très proche de la logique qui pousse de nombreux passionnés à installer un aquarium à la maison : créer un petit écosystème autonome que l’on admire sans chercher le contact physique.
Réglementation : attention aux prélèvements dans la nature
Avant de ramasser une mante au fond du jardin, un point sur la loi s’impose. Si Mantis religiosa n’est pas protégée à l’échelle nationale en France, son prélèvement, sa détention et sa destruction sont strictement interdits en Île-de-France par arrêté ministériel. De manière générale, en tant que terrariophile, je déconseille toujours de capturer un animal sauvage adulte : souvent déjà parasité (notamment par des vers nématomorphes) ou arrivé en fin de vie en septembre, il s’adaptera mal à l’enfermement et privera le jardin de sa future ponte.
Pour débuter sereinement, tournez-vous vers des éleveurs spécialisés ou des bourses terrariophiles afin d’acquérir un jeune spécimen né en captivité (souvent vendu au stade L3 ou L4, c’est-à-dire après sa troisième ou quatrième mue). Tout comme il existe un cadre légal strict avant d’adopter une tortue, renseignez-vous toujours sur la provenance des invertébrés : la Guyane française, par exemple, encadre sévèrement l’exportation de sa faune locale.
Quelles espèces de mantes choisir pour débuter en terrarium ?
En élevage, on privilégie des espèces exotiques robustes, tolérantes sur les paramètres d’humidité et faciles à nourrir :
- Hierodula membranacea (Mante géante asiatique) : la reine des débutants. Grande (jusqu’à 9-10 cm), calme, très vorace et peu exigeante, elle se contente souvent de la température d’une pièce bien chauffée (22 à 26 °C).
- Sphodromantis lineola (Mante africaine) : tout aussi robuste et impressionnante, elle pardonne facilement les petites erreurs d’hygrométrie des novices.
- Phyllocrania paradoxa (Mante fantôme) : une petite espèce africaine fascinante qui imite à la perfection une feuille morte sèche, avec une excroissance sur la tête. C’est l’une des très rares espèces pouvant vivre en petit groupe si l’espace et la nourriture abondent.
À l’inverse, évitez de commencer par la célèbre mante orchidée (Hymenopus coronatus) ou la mante violon (Gongylus gongylodes), dont les besoins précis en chaleur, ventilation et humidité demandent déjà un bon bagage technique.
Aménager un terrarium adapté pour une mante
Réussir la maintenance d’une mante repose sur trois piliers : la verticalité, l’aération et des supports d’accroche irréprochables au plafond.
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Dimensions, hauteur et aération indispensable
Une mante vit suspendue la tête en bas la majeure partie de son temps. La règle d’or consiste à choisir un terrarium dont la hauteur fait au moins 3 fois la longueur totale de l’insecte adulte, et la largeur au moins 2 fois sa longueur. Si le bac est trop bas, la mante touchera le sol en s’extirpant de son ancienne peau lors de la mue et restera déformée, ce qui lui est souvent fatal. À l’inverse, un immense terrarium en bois de plus de 80 cm destiné aux serpents est totalement disproportionné : la mante n’y trouverait jamais ses proies.
Le couvercle doit impérativement être grillagé, à la fois pour assurer une circulation d’air vitale (les mantes redoutent l’air stagnant et les moisissures) et pour permettre à l’insecte de s’y suspendre fermement par les griffes de ses tarses.
Pour la majorité des espèces de taille petite à moyenne (jusqu’à 6-7 cm adulte) ou pour faire grandir des juvéniles, un terrarium tout en verre de 20 x 20 x 30 cm doté d’un plafond en treillis métallique constitue un format idéal et prêt à l’emploi :
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Si vous jetez votre dévolu sur une grande espèce comme Hierodula membranacea ou si vous souhaitez aménager un petit groupe de mantes fantômes avec un beau décor végétal, optez pour un volume supérieur. Un modèle vertical de 30 x 30 x 45 cm avec ouverture frontale et grille supérieure offrira toute la hauteur nécessaire aux mues des grands spécimens tout en facilitant l’accès pour le nourrissage :
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Bon à savoir : certaines grilles métalliques très rigides peuvent user à la longue les tarses (le bout des pattes) des mantes les plus lourdes. N’hésitez pas à fixer un carré de moustiquaire souple en fibre de verre ou en tissu tulle juste sous le couvercle métallique pour offrir une prise douce et infaillible lors des mues.
Chauffage, humidité et supports de mue
L’aménagement intérieur doit rester épuré au centre du terrarium pour laisser un volume libre sous le plafond. Au sol, étalez une couche de 2 à 3 centimètres de tourbe blonde, de fibre de coco ou d’essuie-tout (très pratique pour surveiller les jeunes stades) afin de conserver un fond d’humidité. Disposez quelques branches fines en diagonale (noisetier, lierre sec, ronce sans épines) qui montent jusqu’au plafond sans encombrer le milieu du bac.
La majorité des mantes tropicales apprécient une température comprise entre 23 et 28 °C en journée (avec une baisse naturelle à 18-20 °C la nuit) et une hygrométrie située entre 50 % et 70 %, entretenue par une légère pulvérisation d’eau tiède tous les deux ou trois jours sur les parois. Si la pièce est fraîche, un petit tapis chauffant collé sur l’une des parois latérales extérieures (jamais sous le terrarium pour ne pas dessécher le substrat) suffit. Pour vérifier vos paramètres en un coup d’œil sans ouvrir le bac, l’installation d’un thermo-hygromètre à sonde déportée fixée par ventouses est un vrai plus :
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Et si vous prenez vite goût à l’élevage en installant plusieurs petits terrariums côte à côte, un lot de mini capteurs numériques à sonde permet d’équiper chaque habitacle à moindre encombrement :
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Attention : lorsqu’une mante s’apprête à muer, elle refuse de s’alimenter pendant 24 à 48 heures, son abdomen pulse légèrement et les fourreaux alaires des subadultes gonflent. Retirez immédiatement tout grillon ou criquet encore vivant dans le terrarium ! Pendant la mue, la mante est molle et sans défense : une proie laissée dans le bac pourrait la mordre et la faire chuter, provoquant sa mort.
Quelles proies donner selon le stade de croissance ?
En captivité, il est préférable de privilégier les proies volantes (mouches, papillons de teigne) ou les blattes d’élevage plutôt que les grillons achetés en animalerie, ces derniers pouvant parfois transmettre des bactéries digestives si leur hygiène de maintenance laisse à désirer. Adaptez toujours la taille de la proie à celle des pattes ravisseuses de votre mante :
- Stades L1 à L3 (jeunes larves) : drosophiles (petites mouches du vinaigre aptères, incapables de voler, disponibles en souches d’élevage).
- Stades L4 à L5 : mouches domestiques (issues d’asticots de pêche placés au chaud dans une boîte aérée) ou petites blattes Shelfordella tartara (Red Runner).
- Subadultes et adultes : mouches bleues (Calliphora), criquets migrateurs de taille moyenne, blattes adultes ou teignes de ruche.
Nul besoin de nourrir une mante adulte tous les jours : un bon repas tous les 2 à 3 jours suffit largement. Fiez-vous simplement à la forme de son abdomen : s’il est plat comme une feuille, elle a faim ; s’il est bien rebondi, attendez qu’il dégonfle avant de distribuer une nouvelle proie.
Que faire si une mante religieuse entre chez vous ou au jardin ?
En fin d’été, il n’est pas rare qu’un mâle attiré par la lumière d’une fenêtre ouverte le soir ou une femelle cherchant un mur chaud pour pondre son oothèque s’invite dans le salon. Si la scène se produit chez vous, gardez votre calme et éloignez vos animaux de compagnie — que vous ayez un chat chasseur ou un rat domestique curieux en sortie libre — afin d’éviter un accident pour l’insecte.
Pour la remettre dehors sans la blesser ni risquer de vous faire pincer, n’essayez jamais de l’attraper par le thorax ou les ailes. Présentez simplement une main à plat, un bâtonnet ou un morceau de carton rigide juste devant ses pattes avant et touchez très doucement ses pattes arrière : par réflexe, la mante avancera d’elle-même sur le support comme sur une branche. Vous pouvez aussi utiliser la technique classique du grand verre et de la feuille de papier, en veillant à ne pas coincer ses longues pattes postérieures ou ses antennes.
Déposez-la ensuite dans un buisson, une haie ou des herbes hautes à l’abri des oiseaux. Au jardin, si vous repérez en hiver une petite masse beige striée collée sous une branche ou contre un piquet de clôture, ne la grattez surtout pas : c’est une oothèque qui donnera naissance, au printemps prochain, à toute une génération d’auxiliaires prêts à protéger votre potager naturellement.
Questions fréquentes
Est-ce que la mante religieuse pique ou mord ?
La mante religieuse ne possède aucun dard ni venin, elle ne peut donc pas piquer. Si elle est coincée dans la main et se sent menacée, elle peut tout au plus pincer avec les petites épines de ses pattes avant ou donner un léger coup de mandibules, ce qui est sans gravité et totalement inoffensif pour l'humain.
Que signifie la présence d'une mante religieuse dans la maison ?
Au-delà des symboliques porte-bonheur qui lui sont attribuées dans de nombreuses cultures, sa présence indique surtout que votre jardin ou votre quartier possède une belle biodiversité sans excès de pesticides. En fin d'été, les mâles volent souvent vers les lumières des habitations le soir, tandis que les femelles cherchent la chaleur des murs pour y déposer leur ponte.
Peut-on mettre deux mantes religieuses dans le même terrarium ?
Dans l'immense majorité des cas, non : les mantes sont des prédateurs solitaires et cannibales qui finiront par s'entredévorer, même si elles ont le même âge. Seules quelques rares espèces spécialisées, comme la mante fantôme (Phyllocrania paradoxa) ou la mante violon (Gongylus gongylodes), tolèrent la vie en groupe dans un grand terrarium très riche en proies volantes.
Comment faire boire une mante religieuse en captivité ?
Ne placez jamais de coupelle d'eau au fond du terrarium, car une jeune mante pourrait s'y noyer et une adulte ne descend pas boire au sol. Contentez-vous de pulvériser une fine brume d'eau peu calcaire sur les parois et le décor tous les deux ou trois jours : la mante viendra boire directement les gouttelettes perlant sur les vitres.
Combien de temps dure la mue d'une mante et comment savoir si tout va bien ?
L'extraction de l'ancienne peau dure généralement entre 20 et 45 minutes, suivie d'une heure ou deux pendant lesquelles la mante reste suspendue immobile pour sécher sa nouvelle cuticule et déployer ses ailes si elle devient adulte. Durant toute cette phase, il ne faut jamais la toucher ni ouvrir le terrarium, car la moindre chute lui serait fatale.